Elle se résigne, elle relit le journal du poète,
Elle se souvient du poète, elle se souvient d’avoir lu un poème,
Le poème du coquelicot, le coquelicot fait à la main,
Une histoire qui se déforme, la mélodie dévore encore son corps,
Des mots à méditer… en silence, où la vie se marie avec la mort,
Elle se recueille dans une nuit vierge et tranquille,
Elle se souvient, elle aime, mais elle désire oublier.

Elle parcourt le chemin de l’écriture, à la lettre,
À bout de souffle, comme une enfant seule,
Elle voyage à travers les poèmes, sans dire un mot,
D’où seul jaillit les pensées en délire !… à contre temps,
Contre un vide où les mots se pressent,
Elle se souvient, elle aime, mais elle désire oublier.

Un poème inachevé, elle ne se rappelle plus,
Elle se souvient seulement de sa sonorité,
Elle parle tout bas de ses souvenirs tendres,
Orchestré à travers un sourire timide,
Un clin d’œil d’un poète de passage, sur un chemin d’écritures,
Elle se souvient, elle aime, mais elle désire oublier.

Elle chantera un monde passé, la vie telle qu’elle a été,
La poésie se souviendra, d’un paysage décoré de lettres,
Au pied d’un arbre de lettres d’or, des lettres qui dorment,
Suspendues aux feuilles, qui s’évadent dans la nature,
Des mots teintés de lettres noires, blanchies par le temps,
Elle se souvient, elle aime, mais elle désire oublier.



Texte Stella Live. © Tous droits réservés.
Photographie: Ellington-Photo. © Tous droits réservés.